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Centre national des arts plastiques

Stimultania Strasbourg

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More Sweetly Play the Dance, William Kentridge

Marcher : une exposition sur les réalités migratoires

Arts plastiques - Exposition
17 mars • 28 mai 2017

Le message de « Marcher » se veut universel. Cette exposition se propose de relever le défi de croiser les référentiels, discours et traitements d’une réalité dont nous sommes les spectateurs captifs. Elle appelle le regardeur à éprouver la réalité migratoire, comprendre le monde comme il va, chargé d’incertitudes, de défiances, pour, à la sortie, nourri de ces regards, les déconstruire et prendre part à la marche.

Présentée pour la première fois en 2015 au musée du cinéma d’Amsterdam EYE, « More Sweetly Play the Dance » est une installation immersive et monumentale plurimédia, mêlant entre autres musique, performance, ainsi que dessins au fusain et collages que William Kentridge photographie en séquence et transforme en image animée. L’installation dépeint une procession de silhouettes à contre-jour à la manière d’un théâtre d’ombres. Elle s’étend du sol au plafond, encerclant le regardeur sommé de rejoindre cette danse macabre qui débute, conduite et rythmée par une fanfare aux accents révolutionnaires.

Une bande hétéroclite de silhouettes anonymes à taille humaine marche, danse, titube et se traîne à travers la pièce, d’un écran à l’autre, s’avançant devant un paysage dévasté, égratigné et sali de l’encre indienne de William Kentridge. Certains, malades, avancent lentement appuyés sur leur perfusion. D’aucuns traînent des ballots, des cadavres, des chariots où pérorent des hommes politiques aux allures de Chaplin dans Le Dictateur. D’autres crient dans de volumineux porte-voix, agitent des drapeaux, hissent les visages de héros connus et inconnus, chinois et romains, à la manière de manifestations sociales. On y voit aussi des musiciens et des prêtres guillerets qui se déplacent en portant des couronnes mortuaires, rappelant des images de processions funéraires. Des squelettes dansants évoquent, enfin, une danse macabre médiévale.

La composition de cette oeuvre monumentale, loin de se constituer en énoncé déclaratif, sollicite la pensée associative - caractéristique du travail de William Kentridge - et le ressenti du spectateur, et se distingue ainsi par son grand pouvoir évocateur. On y devine les racines sud-africaines de l’artiste, le temps passé entre Paris et Pékin. Certaines références visuelles s’affirment : la Longue Marche de l’Armée rouge chinoise, les convois funèbres à la Nouvelle Orléans, la célébration du Jour des Morts au Mexique... Mais la procession de silhouettes au bord de l’effondrement sous le poids des bagages, marchant en direction d’un futur incertain, fait aussi et surtout référence aux flux et traversées des réfugiés. Les réfugiés de toutes origines, de tous temps. À commencer par les images diffusées de nos jours dans les médias représentant des groupes toujours plus nombreux contraints à l’exil suite à des conflits armés. Marchant pour leur survie.

 

Horaires : 
du jeudi au dimanche, de 14h à 18h30
Partenaires : 
Michelsonne et le Club de la presse de Strasbourg
Dernière mise à jour le 11 Mai 2017

Stimultania

33 rue Kageneck
67000 Strasbourg
France
Téléphone : 03 88 23 63 11
Directrice : Céline Duval
Président : Alain Kaiser
Accès mobilité réduite