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Centre national des arts plastiques

Le Grand Café

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MODERN©ITÉ#II

Arts plastiques - Exposition
21 janvier • 12 mars 2006
L’exposition Modern©ité#II réunit cinq artistes (Francis Alÿs, Pedro Cabrita Reis, Marcelo Cidade, Jordi Colomer et Anita Molinero) ayant en commun une vision de la modernité étroitement liée aux caractéristiques des villes, en particulier celles du sud de l’Europe ou de l’Amérique latine et centrale.Que leur travail prenne forme dans la réalisation de sculptures, d’actions dans l’espace public, de vidéos ou même de photographies, la ville est l'espace où se rencontrent leurs différentes trajectoires artistiques, marquées aussi bien par Samuel Beckett, Kasimir Malevitch, Gordon Matta-Clark, Hélio Oiticica que Luis Buñuel. Ces artistes construisent des visions personnelles de l'environnement urbain et proposent des approches anthropologiques, poétiques ou critiques de la ville contemporaine
Complément d'informations : 
En savoir plus Francis Alÿs est belge et vit à Mexico depuis les années 1980, ville dans laquelle il déambule et observe la réalité sociale et politique de cette mégalopole. Ses interventions dans l’espace urbain sont discrètes et sont dues la plupart du temps, au hasard de ses promenades dans la ville. Il est en cela aussi bien dans la tradition des Situationnistes que dans celle des artistes de Fluxus. Vivant non loin du Zòcalo, vieille place centrale de Mexico, celle-ci est souvent utilisée par l’artiste comme théâtre de ses actions et observations. Dans Zòcalo, may 22, 1999, présentée dans Modern©ité#II, l’artiste a filmé, 12 heures durant, les badauds s’abritant du soleil à l'ombre du mât portant le drapeau national, situé au centre de la place. Au fur et à mesure de la journée, ceux-ci suivent le déplacement de l’ombre ainsi portée sur le sol qui dessine une ligne plus ou moins longue et régulière, tel un cadran solaire. Francis Alÿs montre ainsi un autre rythme et mode de déplacement dans l'immense mégalopole mexicaine. Artiste portugais, Pedro Cabrita Reis assemble dans ses oeuvres des matériaux de construction industriels, high-tech (aluminium, verre, néons...) ou pauvres (bois, briques, cartons) avec un minimum de moyens, révélant ainsi toute la signification de l'acte de construire. Pour lui, l'architecture a remplacé la nature qui nous servait de repère et de mesure. Dans son travail, la Maison et la Ville sont des métaphores pour penser le monde contemporain qui se donne à nous par fragments. Dans le chaos apparent du réel, Pedro Cabrita Reis traque l'ordre qui préside à toute construction, les signes d'une humanité, d'une pensée, qui nous dit nos manières d'habiter les villes, d'habiter le monde. Marcelo Cidade vit et travaille à Sao Paulo, sa ville natale dans laquelle il intervient par de petites actions, quasi imperceptibles qui signalent des territoires particuliers. Il conduit ainsi une réflexion sur la manière dont chacun habite la ville et se l’approprie. Il s'intéresse en particulier aux réalisations et gestes anonymes dans l'espace public : graphitis, traces de sans abris... Ses petites interventions modifient subtilement l’expérience du quotidien, ne se donnent à voir qu’aux usagers de ces lieux. Dans l’espace d’exposition, c’est le processus inverse qui est mis en place, la ville se déplace par fragments, notamment par l’usage du béton dans ses sculptures et installations, envisagé comme symbole de l'architecture moderne (Le Corbusier), mais aussi par sa couleur grise dont il recouvre par exemple les photos des blockhaus emblématiques de la ville de Saint-Nazaire. Après un travail sur les objets issus de la sphère privée dans les années 1980, Jordi Colomer questionne dans un grand nombre de sculptures ou d'oeuvres vidéos, les relations entre architecture et décor. Quelle est la limite entre les deux ? À quel moment l'architecture devient-elle décor ? Un décor est-il habitable ? Dans Anarchitekton (en référence aux Architeckton de Malevitch) série de vidéos construites comme un work in progress, il met en scène un personnage portant la maquette en carton de bâtiments remarquables ou ordinaires de l’architecture moderne dans les villes de Barcelone, Bucarest, Brasilia ou Osaka. Devant la construction originale, l'individu brandit sa dérisoire maquette de carton à la façon des manifestants. Il semble à la fois dénoncer la réalité de ces constructions et célébrer l'utopie qu'elles portaient. En parcourant ainsi la ville, il fait basculer la scène dans un registre proche de la fiction. Faites de plastiques, de cartons, de sacs poubelle, de béton, etc., les oeuvres d’Anita Molinero tiennent une place particulière dans le champ de la sculpture. Au cours des années 1980 et 90, elle réalise une sculpture avec des matériaux de rebuts (cartons, mousses...) à partir de gestes simples. Cette sculpture, souvent couchée au sol, rappelle sans s'y référer délibérément et tout en les rendant plus abstraites, certaines formes de la rue, comme celles des abris de SDF. À présent, cette sculpture « de la rue » est davantage une sculpture de la « menace urbaine ». Les matériaux contemporains utilisés par l'artiste (plastiques, polystyrènes, matériaux de synthèse) contiennent une étrangeté, une part d'invisible qui interroge la part d'humanité dans le monde actuel des mégalopoles où réalité et science-fiction semblent se côtoyer.
Horaires : 
Ouvert tous les jours, sauf lundis et jours fériés de 14h à 19h.
Dernière mise à jour le 23 sept. 2011

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France
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