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Centre national des arts plastiques

Interface

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Laurent Tixador

VEOACRF / TERETXIN

Arts plastiques - Exposition
18 mai • 13 juillet 2019

A l’occasion de la réouverture du musée des beaux-arts, lnterface s’associe aux Ateliers Vortex et propose une exposition en deux lieux en simultané du travail de Laurent Tixador.

Depuis 2001, Laurent Tixador participe régulièrement à des expositions monographiques et collectives, en France et à l’étranger (CAPC, MAC Marseille, Espace Paul Ricard, Confort Moderne, Frac Réunion, Biennale de Belleville 2014...). En 2013, il est lauréat du Prix COAL Art et Environnement.

Laurent Tixador est un artiste du bricolage et de l’expérience dans son sens le plus large. Dans son désir de travailler un maximum avec ce que son environnement immédiat lui offre (ce qu’il aime à appeler le matériau opportuniste), il met un point d’honneur à recourir à des technologies simples. Il n’est pas question ici de réussite, mais plutôt de construire un corpus de possibilités, de tester aussi bien un geste architectural que sa capacité à s’adapter à des conditions inconnues. Laurent Tixador travaille parfois en isolement total et s’est soumis à des séjours dans des grottes ou de minuscules îlots, dans lesquels il se retrouve seul, face à sa concentration extrême et à la construction mentale de ses projets futurs. Il n’hésite pas à affirmer, non sans humour que « dans 1.80 mètre de diamètre, il se passe forcément plein de choses ! » et que de son point de vue, « il s’agit réellement d’une expérience de voyage. » Pour d’autres histoires, il s’évade vers un inconnu géographique plus étendu et se laisse aller à une certaine errance, mettant également son corps en difficulté.

Quels que soit les cabanes, grottes ou autres lieux temporaires de vie, ils sont toujours quittés sans aucune source de pollution, car tout est chevillé et coincé, sans l’emploi de vis ni de ficelle. Le plasticien est d’ailleurs aussi solitaire dans sa pratique que dans ses références. Il ne se reconnaît pas de confrère aux problématiques semblables, du moins avec la même radicalité, pas plus qu’une paternité avec Robert Filliou, auquel l’on pourrait penser dans cette élaboration du faire ou du mal faire et d’un semblant de bricolage, très conceptualisé, à partir de matériaux pauvres. Tout au plus concède-t-il adorer la manière de travailler d’un Werner Herzog, accueillant l’accident au sein de tournages, heureusement bien plus mouvementés que ne sont ses propres performances. Pour autant demeure chez les deux auteurs une conscience accrue de l’action en train de se produire : « Il faut mériter certains paysages et contextes, précise Laurent Tixador, car les surprises surgissent au sein d’espaces reculés et si je ne recherche pas de situations précises, je vais à l’aventure et vers l’inconnu. Quand on arrive dans un endroit, on ne voit au départ que les matériaux que l’on peut utiliser et les choses en superficie. On observe ce que tout le monde voit. Ensuite, on découvre des matières plus tenues et des solutions pour continuer à développer son implantation. Il faut savoir lire le contexte dans lequel on se trouve. L’observation est ma principale trousse à outils et, à force de me déplacer, j’élargis cette capacité de lecture. » Il développe, en outre, sa capacité à pouvoir maîtriser et comprendre la fonction de tout ce qui l’entoure.

Chaque nouveau projet se révèle une expérience inédite pour Laurent Tixador lui-même, tant il laisse la sérendipité s’insérer dans son travail. Aujourd’hui, un petit train circule dans l’ensemble de la galerie, déclenchant la musique élaborée par son passage auprès d’une quarantaine d’instruments. Sorte de lancinance onirique qui rappelle les sonorités de son groupe Les Portes de l’Enfer, elle guide le spectateur. Travailler avec des objets de récupération accompagne une volonté initiale de ne pas « produire d’œuvres d’art » et de ne pas encombrer l’espace. A l’heure où les enjeux écologiques et sociaux s’imposent à notre quotidien, Laurent Tixador teste tranquillement cette économie de la récupération, joue avec le matériau qu’il trouve in situ.

Complément d'informations : 
mardi 2 juillet à 18h - cycle internote Le Cycle Internote, ce sont des soirées conviviales autour de l’exposition en cours à Interface, avec une présentation des oeuvres, un moment musical et une dégustation de vins bios ! visite commentée par Nicolas-Xavier Ferrand. Nicolas-Xavier Ferrand est historien de l'art contemporain et enseigne à l'ENSAVT Marne-la-Vallée. Il est également critique d'art et commissaire d'exposition. La visite commentée sera suivie d'une création sonore Yoann Piovoso puis d'une dégustation de vin par Benoit Kilian. Yoann Piovoso pourrait bien être le fils caché de Pierre Henry et Brigitte Fontaine... Le multi-instrumentiste icaunais compose et interprète en solo des chansons étranges, petites pastilles ludiques ou longues échappées oniriques. Il manipule son Fender Rhodes, ses synthétiseurs vintage, sa flûte à bec, son sifflet de nez et ses pédales d'effet avec une gourmandise enfantine pour des concerts d'une grande poésie.
Horaires : 
Ouverture du Mercredi au Samedi de 14 heures à 19 heures
Heures de vernissage : 
12 heures
Tarifs : 
entrée gratuite
Partenaires : 
Les Ateliers Vortex
Dernière mise à jour le 11 avr. 2019

Interface

12 rue chancelier de l'hospital
21000 Dijon
France
Téléphone : 03 80 67 13 86
Site internet : www.interface-art.com
Direction artistique : Frédéric Buisson
Direction artistique : Olivier Nerry
Coordination : Nadège Marreau