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Centre national des arts plastiques

Galerie Jean Fournier

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L'artisan et l'assassin de Fabienne Gaston-Dreyfus

Vernissage jeudi 14 novembre 2019 de 18h00 à 20h30

Arts plastiques - Exposition
14 novembre 2019 • 18 janvier 2020

La galerie Jean Fournier a le plaisir de présenter la deuxième exposition personnelle de Fabienne Gaston-Dreyfus, L’artisan et l’assassin qui témoigne de ses recherches les plus récentes parmi lesquelles deux séries degouaches et peintures sur papier ainsi que d’une tapisserie inédite.

 

Fabienne Gaston-Dreyfus est une peintre dont les oeuvres ont trois composantes majeures. D’abord la couleur : en aplatou en touche, qui se superposent et se mélangent, la couleur reste toujours franche, toujours profonde. Ensuite le geste :attentive au corps et à son langage, le geste semble improvisé et libre autant que tenu et contrôlé. Enfin, l’espace donnéau blanc est constitutif de son travail pictural, il oriente la construction des oeuvres et ajuste l’équilibre des vides et despleins. Eric Suchère a parfaitement décrit la peinture de Fabienne Gaston-Dreyfus dans le catalogue précédemment éditépar la galerie : « Cette peinture est une somme de formes-gestes – à peine des formes ou des formes in fine ou malgré elles et surtout des gestes – qui ne valent que pour eux et, ne présentant rien d’autre qu’eux, n’induisent rien d’autre qu’eux – sinon bien sûr, le geste qui leur a donné naissance. ».1


Les dernièes recherches de Fabienne Gaston-Dreyfus l’ont conduite à travailler principalement sur papier.Immobilisée à la suite d’un accident, elle s’est concentrée sur de petits formats (les Chutes présentées par la galerie à Drawing Now en 2019) puis les Cônes pour peu à peu recouvrer l’amplitude de ses gestes et recourir à de plus grands formats. Plusieurs séries sont nées de cette période dont deux sont présentées à la galerie. Les oeuvres récentes sont des moyens formats, un motif central occupe la majeure partie de la feuille et se laisse gagner par l’espace vide qui l’entoure. Fabienne Gaston-Dreyfus démarre par un dessin à main levée, improvisé, à partir duquel une construction s’échafaude. Des masses colorées s’imbriquent pour former un espace presque perspectif. Dans certaines peintures on pourrait presque percevoir des éléments d’une figuration à peine suggérée. Le traitement coloré, presque saturé, s’amplifie au gré des touches et des superpositions colorées. On pense au vocabulaire formel d’un Philip Guston bien que Fabienne Gaston-Dreyfus soit résolument du côté de la couleur franche, fauve, matissienne. Cetensemble est atypique dans sa production, par son traitement et son processus : « Ces dernières peintures s’organisent pour la première fois autour d’un dessin préliminaire. L’espace blanc non peint y est aussi présent car depuis toujours il a été une des composantes structurante de ma peinture, aujourd’hui l’espace peint gagne du terrain.» 2


La série des Cônes, est la continuation d’un travail qui s’élabore à partir d’un geste qui se répète, déjà exploré dans les Chutes et fondé sur une intention picturale qui se matérialise par une composition concentrée chargée de matière. Le coup de pinceau ainsi répété, martelé, s’installe jusqu’à trouver une adéquation évidente avec une forme conique. La série comprend une centaine de feuilles, tel un continuum de peinture, un mouvement fluide sans à-coups. La sélection, élaborée par l’artiste, témoigne de la variation de la couleur, de ses nuances et ses infinies variations.

Enfin, l’exposition est marquée par la présentation de la première tapisserie de l’artiste. D’après une oeuvre sur papier issue de ses travaux les plus récents, la tapisserie a été réalisée en collaboration avec Néolice. Cette entreprise française utilise un métier à tisser industriel modifiée qui associe un savoir-faire séculaire aux avantages techniques du numérique pour obtenir un tissage Jacquard d’une rare précision. Par l’intermédiaire de son travail exploratoire sur la matière, Fabienne Gaston-Dreyfus pose la question de la retranscription de l’oeuvre. Sa pratique de la peinture se caractérise principalement par la superposition de strates de couleurs, l’utilisation simultanée des fils de trame de différentes teintes ne fait qu’entrer en écho de ses propres gestes picturaux. Ce n’est pas la première fois que Fabienne Gaston-Dreyfus fait un « pas de côté » hors de la peinture, elle disait déjà à propos d’une série de sculptures réalisées en 2010 : « Ce type d’expérience n’est pas unique dans mon parcours pictural, j’ai plusieurs fois pris des chemins de traverse en dialogue ou en décalage avec ma pratique, des pas de côté qui m’ont aidée à revenir de plain-pied dans la peinture (…) Ces déplacements me sont nécessaires, ils agissent comme des bouffées d’oxygène (…). ».2


1 Eric Suchère, Si intensément vide, in Fabienne Gaston-Dreyfus, éditions Galerie Jean Fournier, Paris, 2017, page 5.
2 Entretien lors d’une visite d’atlier, juin 2019.

Horaires : 
Du mardi au vendredi de 10h à 12h30 et de 14h à 19h, le samedi de 14h à 19h.
Heures de vernissage : 
de 18h00 à 20h30
Moyens d'accès : 
Accès Métro / 12 - Rue du Bac / 1 - Tuileries. RER / C - Musée d'Orsay.
Dernière mise à jour le 03 oct. 2019

Galerie Jean Fournier

22 rue du Bac
75007 Paris 07
France
Téléphone : 01 42 97 44 00
Télécopie : 01 42 97 46 00
Directrice : Emilie Ovaere-Corthay