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Centre national des arts plastiques

Hervé BRÉHIER

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Biographie

Hervé Bréhier - Vit et travaille à Clermont-Ferrand
Représenté par la Galerie Quatre, Arles et la Galerie Louis Gendre, Chamalières

Les sculptures d'Hervé Bréhier sont le produit de la combinaison de deux « répertoires » : un répertoire de matériaux généralement liés à l'architecture et à l'aménagement intérieur de lieux d'habitation ou de travail (panneaux de contreplaqué, portes de bois, tubes de cuivre, béton, enduit de lissage...) et un répertoire d'actions (tracer, couper, fendre, enduire, enrouler, adosser...) dont la simplicité n'est pas sans rappeler celle de la Verb List établie par le sculpteur américain Richard Serra à la fin des années 1960. Ses vidéos procèdent de la même logique : ouvrir un à un les volets d'un bâtiment industriel, puis les refermer ; filmer à bout de bras l'angle d'un mur et d'un plafond pendant un temps donné... C'est la capacité physique de l'artiste à prendre en charge seul les transformations et les déplacements qu'il fait subir à ces matériaux et objets qui contribue à déterminer l'échelle de ses sculptures, toujours étroitement liée à celle du corps humain. […]

La dimension temporelle, importante dans l'œuvre d'Hervé Bréhier, est aussi prise en charge par l'emploi assez singulier que fait l'artiste d'éléments ready-made : des caisses, des structures de mobilier ou des portes en bois… […] Ces objets – puisqu'ils sont, au départ, des objets – deviennent le support des interventions de l'artiste et le matériau de certaines de ses sculptures. Leur fonction d'origine et leur caractère ancien ne sont jamais occultés et constituent même des motifs signifiants. Aisément reconnaissables, ils instaurent une forme de proximité avec le spectateur, en partageant son espace et en stimulant ses sensations tactiles et velléités de préhension. J'ai écrit qu'il s'agissait d'éléments ready-made. Il faut toutefois préciser qu'ils ne sont en réalité jamais utilisés tels quels : toujours il en manque une partie – ici le couvercle de la caisse, là les rayons d'une étagère, là encore la structure d'une porte dont ne subsistent que les panneaux centraux.

Ces retranchements opérés par l'artiste relèvent de la même logique que celle qui le conduit à barrer de lignes, à trancher d'un coup de scie, à fendre d'un coup de lame ou de hâche, à poser en équilibre, à crever un sac de ciment ou de farine et le suspendre pour que son contenu se répande au sol... Autant d'actions qui témoignent d'une recherche de mise en tension et d'une violence contenue, sourde, qui est aussi l'une des marques du travail d'Hervé Bréhier.

Mais aussi, autant d'actions qui procèdent d'une exigence que l'on pourrait, faute de mieux, qualifier de « minimaliste » : les interventions de l'artiste sont toujours porteuses d'une certaine qualité de silence et mettent en jeu son propre retrait. S'il recourt à beaucoup de « gestes », ce n'est pas pour autant qu'il faille dire que son travail est de l'ordre de la performance, et encore moins qu'il relève d'une visée « pathétique ». L'artiste endosse plutôt un rôle d'opérateur : ses gestes n'appartiennent pas au registre de « l'expression » – ils sont « sans affect » et ont pour fond de provenance la construction en bâtiment, la menuiserie, la plomberie.

Ce que j'ai appelé « minimaliste » correspond bien moins à une visée esthétique qu'à la volonté de produire, au moyen du seul geste de découper ou d'enduire, une « tranche », un « plan de référence » au travers desquels non seulement se lit l'histoire silencieuse des matériaux et objets employés, mais où, aussi, s'engage pleinement l'enjeu sculptural de ces œuvres. » […]

Extrait de Plans de référence, par Cédric Loire
Semaine n°362, Analogues, Arles, 2014

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Hervé Bréhier - Lives and works in Clermont-Ferrand, France
Represented by Galerie Quatre, Arles and Galerie Louis Gendre, Chamalières

Hervé Bréhier’s sculptures are the result of a combination of two “repertoires”: a repertoire of materials generally used in the architecture and interior design of housing or workspaces (plywood panels, wooden doors, copper pipes, concrete, levelling plaster…) and a repertoire of actions (tracing, cutting, splitting, coating, rolling, propping up…), the simplicity of which is somewhat reminiscent of American sculptor Richard Serra’s Verb List in the late 1960s. Hervé Bréhier’s videos follow the same logic, which consists in opening and closing the shutters of an industrial building one by one; in single-handedly filming the corner of a wall or ceiling for a given time… It is the artist’s physical ability to take on the transformations and displacements he puts these materials and objects through that contributes to determining the scale of his sculptures, which are always closely linked to the scale of the human body. […]

Temporality is also an important dimension in Hervé Bréhier’s work, and is expressed through his rather unusual use of readymade elements: crates, pieces of furniture, or wooden doors… […] These objects – in that they are objects to start with – become mediums for the artist’s interventions and materials for some of his sculptures. Their original function and antique nature are never concealed and are even highlighted to become meaningful motifs. Because they are so easily recognisable, they create a sort of proximity with the public by sharing the space with them and stimulating tactile sensations and an instinct to touch. I have mentioned before that these were readymade elements. However, it is important to specify that they are never actually used as such: they are always missing a part – here the lid of a crate, there the shelves of a bookshelf, and in another instance the frame of a door with only its central panels left.

These subtractions that the artist operates follow the same logic that leads him to strike objects with lines, cut them with a saw, split them with a blade or an axe, place them at a balance, or puncture a hanging bag of cement or flour to let its contents spill out onto the floor… All these actions demonstrate Hervé Bréhier’s will to create tension and reveal a contained, suppressed violence, which is also one of the characteristics of his work.

One might also add that these actions stem from a prerogative that could be qualified, for lack of a better word, as “minimalistic”: the artist’s interventions always bear a certain silent quality and involve him taking a step back. However, the fact that he uses all these “gestures” does not mean that his work must be categorised as performance art, or that it is intended to produce a “pathetic” effect. Instead, the artist acts as an operator: his gestures are not meant to be “expressive” – they are “emotionless” and originate in building, woodworking, and plumbing.

What I described as “minimalistic” pertains less to an aesthetic intention than to a will to produce, through the simple gesture of cutting or plastering a “slice”, a “reference plane” in which not only the silent history of the materials and objects used can be read, but also the full extent of the sculptural value of these works.” […]

Excerpt from Plans de référence, by Cédric Loire
Semaine No. 362, Analogues, Arles, 2014
Translated by Lucy Pons, 2019

 

Source : 
Documents d'artistes Auvergne-Rhône-Alpes - Partenariat Centre national des arts plastiques / Réseau documents d'artistes
Dernière mise à jour le 06 Mai 2019

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