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Centre national des arts plastiques

Galerie ALB

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FABIO DERONZIER

SKYLAND

Arts plastiques - Exposition
25 avril • 18 mai 2019

Fabio Deronzier, né en 1996 - premier solo show

Vit et travaille à Paris

Fabio Deronzier figure des scènes d’une nature dont il n’hésite pas à détourner les représentations trop convenues. A travers une palette chromatique qui nous plonge immanquablement dans une peinture dite romantique, à la Turner, ces extraits de ciels deviennent le support et le réceptacle de l’intelligence plastique de ce jeune artiste. Il joue sur les contrastes pour faire ressortir un élément : l’air, ici cristallisé dans le nuage. En amenant à composer avec la discordance entre matière et sujet, le peintre interroge plus largement la représentation en peinture, l’artiste instaurant ainsi une atmosphère confidentielle, secrète, hermétique dans laquelle errent de simples éléments, formes ou dessins. Le rapport fond et forme dynamise cette peinture aux affres classiques dans une contemporanéité absolue. ALB

«Le bruissement des ciels de Fabio Deronzier résonne à la surface de ses toiles, souffle sur ses glacis. Sous ses pinceaux, la peinture à l’huile semble devenir volatile, jusqu’à exprimer la volupté de vents célestes. Une volupté pour autant passagère, car sous la vibration de ses nuages stylisés, de ses lueurs à la palette chromatique contrastée, un présage plus sombre gronde.

Le sublime côtoie le souffle d’un ciel d’orage hérité des paysages de William Turner ou de David Friedrich. Pour autant le ro- mantisme de ses édens pétris d’incertitude est chargé d’un ancrage bien plus actuel. Il est empli des torpeurs de ce virtuose, enfant de 1996, à la maturité technique troublante. Comme il est chargé d’un langage stylisé propre aux nouveaux médias.

Sous ces aplats de nuages volontairement imparfaits, à la densité savoureuse, apparaissent les aspérités de ses glacis comme les signes d’une emprise contemporaine. Un état défaillant, revendiqué par l’artiste, pour jouer avec les surfaces jusqu’à ouvrir un passage vers les tréfonds de ses cieux. Il fait ainsi de ses nuages aux tonalités douces une surface bouchée et une percée ; comme l’expression d’une empreinte céleste au présent.

La résurgence de ces nuages stylisés à la surface de la toile résonne avec de nouveaux modes de représentation. Elle fait écho aux « stickers » et autocollants apposés sur les conversations à l’ère des réseaux sociaux. Elle intervient comme une nouvelle couche de signe qui par une collusion entre la virtuosité technique de l’artiste et ces nuages stylisés donne à ses toiles un ancrage excessivement contemporain.

Fabio Deronzier, par la virtuosité prodigieuse d’un travail pictural des plus actuel parvient à révéler dans le sillage d’Ainsi parlait Zarathoustra de Friedrich Nietzsche une forme d’imminence pressante, voire oppressante, comme le signe d’une urgence « longtemps suspendu(e) au sommet, comme un lourd orage, celui qui doit un jour allumer la lumière de l’avenir ! ». Il parvient par cette collusion entre le sublime et le nébuleux stylisé à nous submerger d’un vent mystique, à nous confronter au souffle saisissant d’un temps éminemment présent.»

Hélène Viron Critique d’art, journaliste et commissaire d’exposition

Horaires : 
mardi - samedi 11h-19h
Dernière mise à jour le 29 avr. 2019

Galerie ALB

47 rue Chapon
75003 Paris 03
France
Téléphone : 09 81 35 00 80