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Centre national des arts plastiques

Le cri des lumières

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"Berbères"

Photographie - Exposition
25 avril • 17 juin 2019

Depuis 2010, Ferhat Bouda s’est engagé sur les traces des peuples berbères, reclus dans les régions les plus retirées d’Afrique. Grâce au Prix Pierre et Alexandre Boulat que le photographe a remporté en 2016, il a inauguré avec succès l’exposition « Les berbères au Maroc, une culture en résistance » lors de l’édition 2017 du festival Visa pour l’Image ; une oraison de l’homme libre remarquablement imagée par le talent narratif du jeune kabyle.

« Les Amazighs (« hommes libres », terme sous lequel se désignent les Berbères) sont les plus anciens habitants de l’Afrique du Nord. Ils occupent depuis des millénaires un vaste territoire qui s’étend des côtes atlantiques du Maroc jusqu’à l’oasis de Siwa en Égypte. Ce peuple possède une langue et une culture qui lui sont propres, mais son identité est menacée. Ne s’inscrivant pas dans la logique d’État-nation, nomades ou sédentaires, musulmans, chrétiens ou juifs, les Berbères sont suspectés d’hérésie par les pouvoirs nord-africains, et souvent opprimés, dispersés, assimilés, voire persécutés. Leur quotidien est alors une lutte pour préserver leur identité.

La plupart des Berbères vivant au Maroc, je suis allé à leur rencontre à Tinfgam, un village situé dans le Haut Atlas à près de 2 000 mètres d’altitude, que l’on atteint après trois heures de marche sur un sentier escarpé. Les maisons sont faites de pierre et de terre cuite quand elles ne sont pas directement aménagées dans les grottes qui parsèment les crêtes et les collines abruptes du territoire. Les villageois sont paisibles, animés d’une force tranquille. Ce sont pourtant les oubliés du gouvernement qui les marginalise à dessein. Aucune infrastructure n’est mise en place pour assurer leur santé ou leur éducation ; il n’y a ni dispensaire ni école, pas même l’électricité. Mais les Berbères sont indépendants. Par leur connaissance profonde de l’environnement et leur savoir-faire, ils parviennent à s’autosuffire en travaillant la terre, en élevant des chèvres. Leur mode de vie est intimement lié au territoire qu’ils habitent et s’organise au jour le jour, suivant le rythme de la nature. En dépit des conditions de vie précaires, il règne dans le village une atmosphère chaleureuse, familiale. Les femmes y occupent une place centrale, les hommes étant pour la plupart partis travailler sur d’autres terres. Elles sont ainsi devenues les gardiennes de la mémoire vive, des traditions et de la culture amazighe.

Je me suis également rendu dans le village de Timetda, dans la province de Tinghir, où j’ai retrouvé la même philosophie de vie qu’à Tinfgam. Ces deux villages sont assez similaires dans leur mode de fonctionnement et leurs principes. Situé en bord de route, Timetda est plus facile d’accèset certains foyers disposent de l’électricité, cependant les villageois se sentent aussi ostracisés et ignorés par les pouvoirs locaux. Comme les Berbères de Tinfgam, ils sont profondément attachés à leurs traditions et revendiquent avec détermination leur identité linguistique et culturelle. Il s’agit bien là d’un acte de résistance contre l’assimilation et l’oubli auxquels ils sont assignés.

L’espoir et l’avenir de ces peuples reposent tout entiers sur la transmission aux générations futures des valeurs de cette culture millénaire. Il est aussi primordial de préserver leur terre des convoitises incessantes qui les menacent depuis des siècles. Une terre généreuse et nourricière où règne la douceur de vivre.

En documentant la vie des Berbères qui la peuplent, mon projet s’inscrit dans la démarche d’une culture en résistance. »

Ferhat BOUDA

Horaires : 
14h-18h / WE : 10h-12h et 14h-18h, fermé le mardi.
Moyens d'accès : 
Place de la deuxième division de cavalerie BP 90022 - 54302 LUNEVILLE CEDEX Meurthe-et-Moselle - (54) / Lorraine
Partenaires : 
L’Agence VU’ , le Ministère de la culture, la Région Grand Est, le Conseil Départemental de Meurthe-et-Moselle, la ville de Lunéville et le Château de Lunéville
Dernière mise à jour le 13 Mai 2019

Le cri des lumières

Place de la deuxième division de cavalerie
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54300 Lunéville
France
Téléphone : 06 08 77 91 23